Bonjour Moldova ! État des lieux photographique en république de Moldavie

République de Moldavie, un pays à la recherche de son identité

La République de Moldavie est probablement l’un des pays les plus méconnus d’Europe. Dépourvu de ressources naturelles, sans énergie et sans accès à la mer, c’est aussi le plus pauvre. Cette ancienne république d’Union Soviétique - que l’on confond parfois avec la région de Roumanie dont elle partage le nom et une partie de l’histoire - couvre un territoire à peine plus grand que la Bretagne, enclavé entre la Roumanie et l’Ukraine.
Vingt ans après son indépendance et la chute de l’Empire soviétique, la Moldavie est en proie à des difficultés économiques, politiques et sociales qui ont poussé et poussent encore aujourd’hui une partie de sa population à l’exil. Malgré le développement d’un fort sentiment national, sa situation particulière à la rencontre de grandes zones d’influence et ses courtes périodes d’indépendance au cours de l’histoire en font un pays divisé. Entre un vrai désir de rapprochement avec l’Union européenne et l’entretien de relations propices aux échanges commerciaux et énergétiques avec la Russie, son cœur balance.
Dans la logique de spécialisation de l’Union Soviétique, la mission allouée à la Moldavie fut celle d’être un grenier à blé. Malgré des terres fertiles, son agriculture est aujourd’hui à genoux, convalescente de la réforme agraire de 1995 qui a donné des terres aux paysans sans moyens pour l’exploiter. Faute de matériel adapté, des milliers d’hectares sont aujourd’hui en jachère. Et le salut immédiat ne semble pas pouvoir venir de son industrie, essentiellement concentrée dans la zone disputée de Transnistrie.
En zone rurale, partager la vie quotidienne des Moldaves permet vite de comprendre le sentiment de nostalgie exprimé par le vote communiste. L’état des routes, des bâtiments publics, des structures médicales et des écoles témoignent de plus de vingt ans d’abandon. La culture de subsistance a supplanté les ambitions du kolkoze dit «millionnaire». Chacun a son potager. Les légumes sont légions, la viande rare.
Dans la capitale, le choc des cultures est brutal. Les 4x4 de grosse cylindrée côtoient la plus grande précarité, et les premières richesses produites s’orientent ostensiblement vers les investissements spéculatifs immobiliers ou bancaires. Pour les jeunes ne disposant pas d’appui familial ou de réseau de connaissances, l’exil est bien souvent la seule alternative au chômage et aux petits boulots.
Dans ce contexte difficile, l’attachement à la Francophonie peut paraître dérisoire. Ancrage à l’Ouest pour certains, tremplin pour l’emploi dans des sociétés françaises pour d’autres, le français est aussi une source d’espoir pour les jeunes, de plus en plus nombreux à venir faire leurs études en France.

Conception et réalisation EFIL